Sabrina Cadix


Biographie:

Sabrina Cadix est née en 1980 et vit près de Lens, avec sa famille et suffisamment d’animaux pour ne jamais manquer de compagnie — ni probablement de distractions lorsqu’elle écrit.
Sa première histoire remonte à l’enfance. Elle racontait les mésaventures d’une licorne qui, lassée d’être blanche, apercevait un arc-en-ciel et décidait de sauter dans le vide pour tenter de s’y baigner. Ses amies l’en empêchaient à temps et lui rappelaient qu’elles l’aimaient telle qu’elle était.
Une licorne dépressive, un précipice et une crise existentielle : les bases étaient posées.
Depuis, Sabrina a quelque peu assombri son bestiaire. Les licornes ont laissé la place aux vampires, aux sorcières et à diverses créatures dont il vaut généralement mieux se méfier. Elle aime les personnages faillibles, tourmentés et contradictoires, ceux qui prennent de mauvaises décisions pour de bonnes raisons — ou l’inverse — et se sent beaucoup plus à l’aise dans les zones grises qu’au milieu d’une frontière bien tracée entre le bien et le mal.
Passionnée de fantastique et de fantasy, elle puise dans les mythes, les légendes et ses rêves, avec un goût marqué pour les univers sombres et étranges. Tim Burton, Guillermo del Toro et Benjamin Lacombe comptent parmi ses grandes influences ; Bloodborne, Dark Souls et Elden Ring ne sont jamais très loin non plus.
Lorsqu’elle n’écrit pas, Sabrina écoute du metal, regarde des films d’horreur qu’elle trouve parfois beaucoup trop amusants pour remplir correctement leur mission, profite de l’hiver — sa saison préférée — et passe du temps avec sa famille et ses animaux.
Avec Fatum Sanguinem, elle réunit vampires, sorcellerie, mythologie et fantasy sombre dans un même univers. D’autres histoires sont déjà en chemin, probablement peuplées de créatures inquiétantes, de personnages aux intentions discutables et de sentiments assez puissants pour provoquer quelques catastrophes.
Car chez Sabrina Cadix, les monstres ne sont pas toujours ceux que l’on croit — et l’amour, la loyauté ou la vengeance ont rarement la décence de rester sans conséquences.

 

Romans parus aux éditions du Petit Caveau:

Fatum Sanguinem

Petit entretien autour d’une pinte de sang avec notre auteur

Pouvez-vous rapidement vous présenter pour nos lecteur·ices ?

Je m’appelle Sabrina, j’ai 46 ans et je vis dans le Pas-de-Calais avec mon fils, mon mari, mon chat Bull et ma chienne Willow (oui, oui, Willow de Buffy contre les vampires !)

Je suis autrice de fantasy et de fantastique, avec un petit penchant pour les univers sombres.

En dehors de l’écriture, j’écoute de la musique, je regarde des séries, et j’ai une passion parfaitement raisonnable pour la tarte au citron et la raclette.

J’ai aussi peur des araignées et des insectes. Comme quoi, on peut inventer des vampires et des sorcières et être incapable de croiser une petite bête dans la salle de bain sans envisager de déménager.

Quand avez-vous été mordue par le virus de l’écriture ?

Avec l’histoire de Fatum Sanguinem qui m’est venue en rêve, plusieurs années avant que je n’en commence l’écriture. J’en avais parlé à mon grand-père, qui m’avait simplement dit : « Tu devrais en faire un roman. »

À l’époque, je m’occupais de lui et je n’avais pas le cœur de me lancer dans un tel projet. Lorsqu’il nous a quittés, à la fin de l’année 2021, j’ai ressorti mes notes et je me suis enfin mise à écrire.

Au départ, je voulais simplement aller au bout de ce qu’il m’avait demandé. Je pensais écrire ce roman pour lui.

Mais l’écriture a fini par prendre une place beaucoup plus importante dans ma vie. Je me suis rendu compte que, lorsque je n’écrivais pas, il me manquait quelque chose. C’est là que j’ai compris que je ne voulais pas seulement terminer Fatum Sanguinem : je voulais continuer à raconter des histoires.

Pourquoi avoir fait le choix d’écrire un roman avec pour thème central les vampires et les sorcières ?

Je crois que je n’ai jamais vraiment eu le choix.

Pour Fatum Sanguinem, j’avais eu le rêve d’une scène, d’une ambiance et de deux personnages : un vampire et une sorcière. Le reste est venu ensuite.

Ce qui m’intéressait surtout, ce n’était pas de raconter une histoire de vampires et de sorcières, mais de me demander ce que cela pouvait donner si ces deux mondes se retrouvaient confrontés.

J’aime prendre des créatures que l’on connaît déjà et essayer de leur donner leur propre identité. Un vampire peut être dangereux sans être dépourvu de sentiments, une sorcière peut être puissante sans être invincible, et un personnage présenté comme un monstre peut parfois être beaucoup plus humain qu’on ne l’imagine.

Les auteur·es sont aussi souvent de grand·es lecteur·ices, est-ce votre cas ? Et si oui, quelles sont vos lectures de prédilection ?

J’ai toujours beaucoup lu. Avant d’écrire, je pouvais dévorer les romans.

Depuis que je suis passée de l’autre côté de la barrière, c’est devenu un peu plus compliqué. Lire n’est plus aussi reposant : mon cerveau d’autrice s’invite toujours dans la partie.

Je peux commencer un roman avec une véritable envie de découvrir une nouvelle histoire ou un nouvel univers et, quelques pages plus tard, me demander pourquoi l’auteur a choisi ce point de vue, pourquoi cette information arrive ici, comment il construit son personnage ou pourquoi ce dialogue fonctionne, ou ne fonctionne pas.

J’ai donc découvert les livres audio avec beaucoup de bonheur. Ils me permettent de retrouver quelque chose que j’avais perdu : le plaisir de me laisser raconter une histoire sans avoir envie de la décortiquer.

Côté lectures, je reste très attachée à l’imaginaire sous toutes ses formes. J’aime les intrigues complexes, le sous-texte et que l’auteur m’emmène quelque part, me fasse croire que j’ai compris où il voulait en venir… pour finalement tout faire voler en éclats à la fin avec un retournement de situation qui me laisse avec la bouche ouverte. J’adore quand, après avoir refermé le livre, je repense à tout ce que je croyais avoir compris et que je me dis : « Ah… mais en fait, depuis le début, je me suis fait avoir. »

Où puisez-vous toutes ces idées ? D’où vient l’inspiration ?

Je ne suis pas vraiment du genre à m’asseoir devant une feuille en me disant : « Bon, aujourd’hui, il me faut une idée de roman. »

Les idées arrivent plutôt quand elles en ont envie.

Elles peuvent naître d’un rêve, d’une image, d’une ambiance, d’une musique, d’une phrase ou parfois d’une idée complètement anodine. Il suffit parfois d’un petit élément pour que mon cerveau commence à construire tout le reste.

Une fois que j’ai cette première étincelle, je laisse l’histoire se développer. Les personnages arrivent, leurs relations se précisent, le monde se construit et, au fur et à mesure, je commence à comprendre où tout cela veut m’emmener.

Je puise aussi beaucoup dans ce qui m’entoure. Mon fils étant un grand amateur de jeux vidéos, j’aime le regarder jouer et m’inspirer de ces univers pour construire les miens.

Pouvez-vous nous parler de « Fatum Sanguinem » ?

Fatum Sanguinem raconte la rencontre entre Kristina, une sorcière, et Gabriel, un vampire.

Je préfère rester assez mystérieuse sur l’intrigue, parce que plusieurs éléments importants reposent justement sur des découvertes que j’aimerais laisser aux lecteur·ices.

Ce que je peux dire, en revanche, c’est que leur rencontre va les entraîner dans quelque chose qui les dépasse. Ils vont devoir composer avec leurs différences, leurs propres failles et un monde où les apparences sont parfois trompeuses.

J’avais envie d’écrire une histoire dans laquelle les personnages ne sont pas seulement définis par leur nature ou leur camp. Ce qui m’intéresse, ce sont leurs choix et leurs conséquences.

Et puis, soyons honnêtes : mettre un vampire et une sorcière ensemble était probablement une assez mauvaise idée. C’est précisément pour cela que j’avais envie de voir ce qui allait se passer.

Avez-vous des conseils à donner aux gens qui souhaitent se faire publier ?

Déjà, je voudrais féliciter toutes les personnes qui parviennent à aller au bout d’un projet. Terminer un manuscrit demande énormément de temps, de patience et de persévérance.

Pour la suite, je pense que le meilleur conseil est de travailler son texte jusqu’à ce qu’on soit réellement fier de l’envoyer.

Faites-le relire, acceptez les critiques, corrigez, réécrivez. Même lorsqu’on pense avoir terminé, il y a souvent encore quelque chose à améliorer.

Il faut également respecter les consignes des maisons d’édition. Elles peuvent parfois sembler contraignantes, mais elles sont là pour une raison.

Et surtout, armez-vous de patience. Beaucoup de patience.

Les refus font partie du parcours. Il faut essayer de ne pas les considérer comme un jugement définitif sur sa valeur ou sur celle de son roman. Une maison d’édition peut refuser un manuscrit pour énormément de raisons qui n’ont rien à voir avec sa qualité.

Il faut continuer à croire en son histoire et, surtout, continuer à écrire.

Avez-vous déjà de nouveaux projets d’écriture ?

Oui, plusieurs projets sont déjà en route.

J’ai actuellement un autre roman fantastique et mythologique en soumission. Il est accompagné d’un herbier infernal sous forme de fiches encyclopédiques, ainsi que d’un projet de tome compagnon.

J’ai également commencé un projet de dark fantasy gothique et steampunk, qui m’emmène dans un univers assez différent de Fatum Sanguinem.

Et bien sûr, je n’ai pas l’intention de laisser Kristina et Gabriel tranquilles : les grandes lignes des tomes 2 et 3 sont déjà établies.

J’ai donc encore quelques personnages à torturer avant de pouvoir prendre des vacances.

Pour finir, un roman à conseiller à nos lecteur·ices ?

Sans hésiter, Entretien avec un vampire d’Anne Rice.

C’est un roman qui m’a profondément marquée, notamment dans ma manière de percevoir les vampires.

Anne Rice leur donne une véritable psychologie, avec leurs contradictions, leurs désirs, leurs faiblesses et leurs tourments.

C’est cette dimension humaine qui m’a intéressée et qui continue de me fasciner chez les personnages surnaturels.

Je pense qu’un bon personnage fantastique ne devient vraiment intéressant que lorsqu’on commence à oublier qu’il est fantastique.